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<channel><title><![CDATA[L'ATELIER DES CAHIERS &Eacute;DITEUR - Chroniques et portraits]]></title><link><![CDATA[https://www.atelierdescahiers.com/chroniques-et-portraits]]></link><description><![CDATA[Chroniques et portraits]]></description><pubDate>Sat, 11 Apr 2026 06:53:50 +0900</pubDate><generator>Weebly</generator><item><title><![CDATA[Choi Kyu-sok : les raisons de la colère]]></title><link><![CDATA[https://www.atelierdescahiers.com/chroniques-et-portraits/choi-kyu-sok-les-raisons-de-la-colere]]></link><comments><![CDATA[https://www.atelierdescahiers.com/chroniques-et-portraits/choi-kyu-sok-les-raisons-de-la-colere#comments]]></comments><pubDate>Sun, 30 Nov 2014 15:16:12 GMT</pubDate><category><![CDATA[Choi Kyu-sok]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.atelierdescahiers.com/chroniques-et-portraits/choi-kyu-sok-les-raisons-de-la-colere</guid><description><![CDATA[ En ce jour du 4 juillet, le soleil est &agrave; son z&eacute;nith sur Bucheon, ville situ&eacute; au sud-ouest de S&eacute;oul et qui vit au rythme de la bande dessin&eacute;e. Chaque ann&eacute;e y a lieu le festival de bande dessin&eacute;e. Un complexe de b&acirc;timents abrite des ateliers de dessinateur, et sur un autre site se trouve le mus&eacute;e du manhwa. Il est 13 heures et nous avons rendez-vous avec Choi Kyu-sok, jeune auteur de 37 ans qui jouit d&rsquo;une grande notori&eacute;t& [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<span class='imgPusher' style='float:left;height:0px'></span><span style='display: table;z-index:10;width:auto;position:relative;float:left;max-width:100%;;clear:left;margin-top:13px;*margin-top:26px'><a><img src="https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/3832532.jpg?168" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; margin-right: 10px; border-width:1px;padding:3px; max-width:100%" alt="Picture" class="galleryImageBorder wsite-image" /></a><span style="display: table-caption; caption-side: bottom; font-size: 90%; margin-top: -10px; margin-bottom: 10px; text-align: center;" class="wsite-caption"></span></span> <div class="paragraph" style="text-align:justify;display:block;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Garamond, serif; text-align: justify; background-color: initial;">En ce jour du 4 juillet, le soleil est &agrave; son z&eacute;nith sur Bucheon, ville situ&eacute; au sud-ouest de S&eacute;oul et qui vit au rythme de la bande dessin&eacute;e. Chaque ann&eacute;e y a lieu le festival de bande dessin&eacute;e. Un complexe de b&acirc;timents abrite des ateliers de dessinateur, et sur un autre site se trouve le mus&eacute;e du </span><em style="font-size: 11pt; font-family: Garamond, serif; text-align: justify; background-color: initial;">manhwa</em><span style="font-size: 11pt; font-family: Garamond, serif; text-align: justify; background-color: initial;">. Il est 13 heures et nous avons rendez-vous avec Choi Kyu-sok, jeune auteur de 37 ans qui jouit d&rsquo;une grande notori&eacute;t&eacute;. Nous nous rendons devant la porte de son atelier, nous toquons.... Personne. Un bref appel t&eacute;l&eacute;phonique nous indique qu&rsquo;il est sur le point d&rsquo;arriver. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;il est t&ocirc;t. Nous bousculons quelque peu les habitudes de cet &laquo;&nbsp;oiseau de nuit&nbsp;&raquo;. En effet, voici &agrave; quoi ressemble sa journ&eacute;e type.&nbsp;Il se l&egrave;ve &agrave; 14h. Il mange. Joue avec son enfant. Mari&eacute; en 2010, il est p&egrave;re d&rsquo;un petit gar&ccedil;on de 18 mois. Vers 16h, il se rend dans son atelier pour y travailler jusqu&rsquo;&agrave; 5 heures du matin. Le travail termin&eacute;, il rentre se coucher. Il aime travailler la nuit, il se concentre mieux. En g&eacute;n&eacute;ral, lorsqu&rsquo;il dessine, il reste dans son atelier, car il a besoin de son ordinateur. Mais quand il &eacute;crit, il lui arrive d&rsquo;aller tout simplement dans des caf&eacute;s.</span><br /><span></span><br /><span></span>  <span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif">Le voil&agrave; qui vient &agrave; notre rencontre, les cheveux courts l&eacute;g&egrave;rement ondul&eacute;s et encore mouill&eacute;s par la douche dont il vient sans doute tout juste de sortir. Il est tr&egrave;s grand, mince et plut&ocirc;t bel homme. Son visage est assez ferm&eacute;, il n&rsquo;esquisse que rarement un sourire. Il semble toujours &agrave; l&rsquo;aff&ucirc;t, le regard vif, per&ccedil;ant, comme jaugeant sans cesse le monde qui l&rsquo;entoure. La voix est assez haute. Nous commandons de quoi manger, puis, nous nous dirigeons sur la terrasse afin de fumer. Nous sommes seul, il ne dit rien, j&rsquo;&eacute;courte la pause cigarette. Le silence me semble trop pesant. Le repas finit par d&eacute;lier les langues. Nous engageons l&rsquo;entretien.&nbsp;&nbsp; </span><br /><span></span><br /><span></span>  <span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif">Si Choi Kyu-sok est une &laquo;&nbsp;vedette&nbsp;&raquo; ici en Cor&eacute;e, il est loin d&rsquo;&ecirc;tre un inconnu en France. Lorsqu&rsquo;il sort en 2003 dipl&ocirc;m&eacute; de l&rsquo;universit&eacute;, les &eacute;ditions papier sont en crise et la r&eacute;volution du format web n&rsquo;est pas encore en marche. Apr&egrave;s un an de &laquo;&nbsp;disette professionnelle&nbsp;&raquo; il retourne dans sa r&eacute;gion natale. Il y enseigne le <em>manhwa</em> aupr&egrave;s de lyc&eacute;ens qui se destinent &agrave; int&eacute;grer l&rsquo;universit&eacute; en section bande dessin&eacute;e. Cette ann&eacute;e lui offre l&rsquo;opportunit&eacute; de r&eacute;aliser &laquo;&nbsp;Nouilles Tchajang&nbsp;&raquo; qui para&icirc;t la m&ecirc;me ann&eacute;e aux &eacute;ditions Happy Comic Works. En 2005, deux ans plus tard, on le d&eacute;couvre dans les pays francophones. Les &eacute;ditions Kana (&eacute;diteur belge) publient une traduction de cet ouvrage. Ce r&eacute;cit est adapt&eacute; d&rsquo;un roman cor&eacute;en de Ahn Do-hyun. R&eacute;alis&eacute; conjointement avec Byun Ki-hyun, il relate l&rsquo;histoire d&rsquo;un lyc&eacute;en qui choisit de quitter l&rsquo;&eacute;cole et se fait embaucher dans un restaurant en tant que commis. Le jeune homme va faire connaissance des personnages qui mettent un peu de couleurs dans le quartier&nbsp;: le cuisinier, ancien militaire, le coiffeur, bavard intarissable&hellip; Il conna&icirc;tra &eacute;galement ses premiers &eacute;mois. Cette p&eacute;riode, si elle repr&eacute;sente pour le jeune personnage une d&eacute;couverte du monde ext&eacute;rieur, lui permet &eacute;galement d&rsquo;entreprendre un travail introspectif sur la dynamique en jeu dans la cellule familiale qu&rsquo;il a choisi de quitter.</span><br /><span></span><br /><span></span>  <span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif">Choi Kyu-sok, conjointement &agrave; son travail d&rsquo;enseignant, renoue avec le <em>manhwa</em> par le biais du magazine hebdomadaire g&eacute;n&eacute;raliste &laquo;&nbsp;Gyeonghyang&nbsp;&raquo; qui lui commande quatre pages de bande dessin&eacute;e par semaine. Ainsi naissent cinquante-quatre nouvelles que publie Casterman en France en 2006 sous le titre &laquo;&nbsp;Le Mar&eacute;cage&nbsp;&raquo;. Casterman publie &eacute;galement son recueil de nouvelles &laquo;&nbsp;L&rsquo;Amour est une prot&eacute;ine&nbsp;&raquo;. Il r&eacute;alise cet ouvrage alors qu&rsquo;il est encore &eacute;tudiant. Les six nouvelles qu&rsquo;il contient ont toutes un style graphique tr&egrave;s diff&eacute;rent qui t&eacute;moignent de ses capacit&eacute;s de dessinateur. De cet ensemble h&eacute;t&eacute;roclite se d&eacute;gage un tableau sombre de la soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; la manipulation, la cruaut&eacute; et l&rsquo;ignorance font la force de ceux qui en usent. </span><br /><span></span><br /><span></span>  <span style="font-size: 11pt; font-family: Garamond, serif;">Poser un regard sur l&rsquo;animal social est sa pr&eacute;occupation depuis ses d&eacute;buts. Il travaille</span><span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif"> actuellement &agrave; la r&eacute;alisation d&rsquo;un <em>webtoon</em>, &laquo;&nbsp;le Poin&ccedil;on&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme employ&eacute; par une grande cha&icirc;ne de supermarch&eacute; qui prend le parti de se battre et d&eacute;cide de cr&eacute;er un syndicat. On navigue ici dans les eaux de la m&eacute;taphore sociale o&ugrave; l&rsquo;entreprise est structur&eacute;e comme l&rsquo;est la soci&eacute;t&eacute;, avec les nantis, les diff&eacute;rences de traitement des individus, toutes les in&eacute;galit&eacute;s qui subsistent dans le monde ext&eacute;rieur, une fois quitt&eacute; le lieu de travail. Il dit attacher une importance particuli&egrave;re &agrave; la qualit&eacute; du sc&eacute;nario, mais le fait de r&eacute;aliser un projet sur le Web plut&ocirc;t que sur support papier n&rsquo;a pas vraiment d&rsquo;influence sur sa fa&ccedil;on de travailler. Ce qui doit cependant l&rsquo;influencer dans ses choix vient probablement de son parcours.</span><br /><span></span><br /><span></span>  <span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif">Il na&icirc;t en 1977 dans un petit village de campagne offrant une vue imprenable sur le mont Jiri pr&egrave;s de Jinju dans la province de Gyeongsang du sud. Il est le cadet d&rsquo;une fratrie de six enfants, quatre filles et deux gar&ccedil;ons. Sa famille est tr&egrave;s modeste. Lorsqu&rsquo;il a neuf ans sa famille est contrainte de d&eacute;m&eacute;nager dans la ville de Changwon, car le village se trouve dans une zone destin&eacute;e &agrave; &ecirc;tre inond&eacute;e pour la construction d&rsquo;un barrage. Ce plongeon dans la vie urbaine le fait souffrir ainsi que sa m&egrave;re. Pour la premi&egrave;re fois, il se sent diff&eacute;rent de ses camarades&nbsp;: il n&rsquo;est pas blanc de peau, il parle avec un fort accent le dialecte de son village natal et porte des v&ecirc;tements d&eacute;mod&eacute;s. Pour cet enfant de neuf ans, la ville est une mal&eacute;diction et tout ce qui lui arrive, ainsi qu&rsquo;&agrave; sa famille, vient de leur installation &agrave; Changwon. Sa m&egrave;re, heureuse &agrave; la campagne &agrave; cultiver ses champs, se retrouve &agrave; pr&eacute;sent contrainte &agrave; faire des m&eacute;nages chez des particuliers. Son p&egrave;re est &laquo;&nbsp;heureusement&nbsp;&raquo;&nbsp; (rires) souvent loin de la maison. C&rsquo;est un homme violent et quelque peu port&eacute; sur la boisson qui offre ses services sur des chantiers de la r&eacute;gion.</span><br /><span></span><br /><span></span>  <span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif">Il relate d&rsquo;ailleurs sa jeunesse dans l&rsquo;ouvrage &laquo;&nbsp;l&rsquo;Indig&egrave;ne de Cor&eacute;e du Sud&nbsp;&raquo; (&eacute;ditions 100 degr&eacute;s). Son premier contact avec la BD date de son enfance. Lorsqu&rsquo;il a sept ans, des cartons de <em>manhwa</em> arrivent dans les villages, envoy&eacute;s par des enfants des villes sous forme de dons. Il s&rsquo;agit souvent de s&eacute;ries malheureusement la plupart du temps incompl&egrave;tes. Il ne sait alors pas encore lire, mais se souvient tr&egrave;s bien des dessins qui le marquent, comme un ouvrage de science-fiction. &Agrave; l&rsquo;&eacute;cole primaire, il d&eacute;couvre &eacute;galement le dessin par le biais d&rsquo;un camarade plus &acirc;g&eacute;. Il fait alors tr&egrave;s rapidement parti de ceux qui se distinguent par leur habilit&eacute; &agrave; manier le crayon et int&egrave;gre plus tard le club de bande dessin&eacute;e du lyc&eacute;e. Le lyc&eacute;e est d&rsquo;ailleurs le lieu o&ugrave; se d&eacute;roule l&rsquo;action de son ouvrage&nbsp; &ldquo;Ambigu &agrave; en pleurer&nbsp;&raquo; (<em>Ulgien jom aemaehan</em>) paru chez l&rsquo;&eacute;diteur<span style="color:red"> </span></span><span><span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif;mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;">Sakyejul en 2010.</span></span><span style="font-size:11.0pt; font-family:&quot;Garamond&quot;,serif"> C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un gar&ccedil;on issue d&rsquo;une famille tr&egrave;s pauvre qui pr&eacute;pare et r&eacute;ussit son entr&eacute;e &agrave; l&rsquo;universit&eacute; en section bande dessin&eacute;e, mais se trouve contraint de redoubler, car ses parents n&rsquo;ont pas les moyens d&rsquo;honorer les frais d&rsquo;inscription. Dans ce tableau, un autre &eacute;l&egrave;ve qui poss&egrave;de &eacute;galement un talent artistique certain se fait subtiliser son dossier par le professeur de dessin qui confie celui-ci &agrave; un autre &eacute;l&egrave;ve m&eacute;diocre, mais issu d&rsquo;une famille riche afin qu&rsquo;il puisse int&eacute;grer l&rsquo;universit&eacute;. Les deux personnages principaux sont des victimes de leur condition sociale, une condition dont le poids est &eacute;crasant dans un pays o&ugrave; les apparences font loi et le syst&egrave;me &eacute;ducatif m&ecirc;me est parfois corrompu.&nbsp; </span><br /><span></span><br /><span></span>  <span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif">Tr&egrave;s engag&eacute; &agrave; gauche, il publie en </span><span><span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif; mso-fareast-font-family:&quot;Times New Roman&quot;">novembre 2011</span></span><span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif;color:red"> </span><span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif">chez </span><span><span style="font-size:11.0pt;font-family:&quot;Garamond&quot;,serif;mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;">Sakyejul </span></span><span style="font-size:11.0pt; font-family:&quot;Garamond&quot;,serif">&laquo;&nbsp;L&rsquo;Histoire qui n&rsquo;existe plus&nbsp;&raquo; (<em>Jigeumeun eopneun iyagi</em>), une s&eacute;rie de contes illustr&eacute;s. L&rsquo;&eacute;poque n&rsquo;y est pas pr&eacute;cis&eacute;e, les personnages mis en sc&egrave;ne sont exclusivement des animaux. Il a le d&eacute;sir de mener &agrave; bien ce projet lorsqu&rsquo;il constate avec une certaine indignation que nombre de politiciens de la droite cor&eacute;enne utilisent les contes traditionnels et les m&eacute;taphores animales &agrave; leur compte &agrave; des fins politiques. Il souhaite en tant que citoyen se r&eacute;approprier cette &laquo;&nbsp;tradition&nbsp;&raquo;, que nous retrouvons &eacute;galement chez nous dans les c&eacute;l&egrave;bres <em>Fables</em> de la Fontaine qui sont une critique de la soci&eacute;t&eacute;. Il s&rsquo;int&eacute;resse &agrave; la structure sociale, sa dynamique, la notion de responsabilit&eacute; en p&eacute;riode de crise. Il a tr&egrave;s prochainement le projet de transformer ces contes en <em>manhwa</em>. Il est temps pour nous de le quitter.</span><br /><span></span></div> <hr style="width:100%;clear:both;visibility:hidden;"></hr>  <div><div style="height: 20px; overflow: hidden;"></div> 				<div id='763048750884353460-gallery' class='imageGallery' style='line-height: 0px; padding: 0; margin: 0'> <div id='763048750884353460-imageContainer0' style='float:left;width:33.28%;margin:0;'><div id='763048750884353460-insideImageContainer0' style='position:relative;margin:0px;padding:0 4px 4px 0'><div class='galleryImageHolder' style='position:relative; width:100%; padding:0 0 75.08%;'><div class='galleryInnerImageHolder'><a href='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/3742851_orig.jpg' rel='lightbox[gallery763048750884353460]' onclick='if (!window.lightboxLoaded) return false'><img src='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/3742851.jpg' class='galleryImage galleryImageBorder' _width='400' _height='582' style='position:absolute;border-width:1px;padding:1px;width:51.6%;top:0%;left:24.2%' /></a></div></div></div></div><div id='763048750884353460-imageContainer1' style='float:left;width:33.28%;margin:0;'><div id='763048750884353460-insideImageContainer1' style='position:relative;margin:0px;padding:0 4px 4px 0'><div class='galleryImageHolder' style='position:relative; width:100%; padding:0 0 75.08%;'><div class='galleryInnerImageHolder'><a href='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/9915049_orig.jpg' rel='lightbox[gallery763048750884353460]' onclick='if (!window.lightboxLoaded) return false'><img src='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/9915049.jpg' class='galleryImage galleryImageBorder' _width='400' _height='570' style='position:absolute;border-width:1px;padding:1px;width:52.68%;top:0%;left:23.66%' /></a></div></div></div></div><div id='763048750884353460-imageContainer2' style='float:left;width:33.28%;margin:0;'><div id='763048750884353460-insideImageContainer2' style='position:relative;margin:0px;padding:0 4px 4px 0'><div class='galleryImageHolder' style='position:relative; width:100%; padding:0 0 75.08%;'><div class='galleryInnerImageHolder'><a href='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/8824687_orig.jpg' rel='lightbox[gallery763048750884353460]' onclick='if (!window.lightboxLoaded) return false'><img src='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/8824687.jpg' class='galleryImage galleryImageBorder' _width='400' _height='540' style='position:absolute;border-width:1px;padding:1px;width:55.61%;top:0%;left:22.19%' /></a></div></div></div></div><span style='display: block; clear: both; height: 0px; overflow: hidden;'></span> </div>  				<div style="height: 20px; overflow: hidden;"></div></div>  <div class="paragraph" style="text-align:left;"><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><strong style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Garamond, serif;">Questionnaire de Proust</span></strong><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">Si je n&rsquo;avais pas &eacute;t&eacute; dessinateur&nbsp;: j&rsquo;aurais &eacute;t&eacute; professeur de litt&eacute;rature cor&eacute;enne.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">Ma plus grande qualit&eacute;&nbsp;: je suis toujours d&rsquo;humeur &eacute;gale.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">Mon plus grand d&eacute;faut&nbsp;: je ne me mets jamais en col&egrave;re.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">La qualit&eacute; que j&rsquo;appr&eacute;cie chez les autres&nbsp;: les personnes &eacute;nergiques, qui entreprennent beaucoup de choses &agrave; la fois.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">Activit&eacute;s pr&eacute;f&eacute;r&eacute;es&nbsp;: lorsque je travaille, lire et aller au cin&eacute;ma. Lorsque je suis en cong&eacute;s, j&rsquo;aime rencontrer des amis et boire. Car je suis souvent seul lorsque je travaille.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">Si j&rsquo;&eacute;tais un animal&nbsp;: je serais un paresseux (rires).</span><br /><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><strong style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Garamond, serif;">Bibliographie</span></strong><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><em style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Garamond, serif;">Cor&eacute;e</span></em><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">&nbsp;(collectif), Casterman, 2006, Collection &Eacute;critures</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><em style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Garamond, serif;">Le Mar&eacute;cage</span></em><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">, Casterman, 2006, Collection Hanguk</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><em style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Garamond, serif;">L'Amour est une prot&eacute;ine</span></em><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">, Casterman, 2006, Collection Hanguk</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><em style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Garamond, serif;">Nouilles</span></em><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">&nbsp;Tchajang (avec&nbsp; Byun Ki-Hyun), Kana, 2005, Collection Made-in</span><br /><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><strong style="text-align: justify;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Garamond, serif;">Sa nouvelle bande dessin&eacute;e en ligne est consultable &agrave; l&rsquo;adresse suivante&nbsp;:</span></strong><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;"></span><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">http://comic.naver.com/webtoon/list.nhn?titleId=602922</span><br /><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;"><br /></span><br /><span style="font-size: 11pt; text-align: justify; font-family: Garamond, serif;">Copyrights Choi Kyu-sok et Casterman pour les versions fran&ccedil;aises.</span></div>  <div><div class="wsite-image wsite-image-border-thin " style="padding-top:10px;padding-bottom:10px;margin-left:0;margin-right:0;text-align:center"> <a> <img src="https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/3274228_orig.jpg" alt="Photo" style="width:auto;max-width:100%" /> </a> <div style="display:block;font-size:90%"></div> </div></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Lee Hee Jae : au carrefour prendre à gauche]]></title><link><![CDATA[https://www.atelierdescahiers.com/chroniques-et-portraits/lee-hee-jae-au-carrefour-prendre-a-gauche]]></link><comments><![CDATA[https://www.atelierdescahiers.com/chroniques-et-portraits/lee-hee-jae-au-carrefour-prendre-a-gauche#comments]]></comments><pubDate>Mon, 15 Sep 2014 03:47:53 GMT</pubDate><category><![CDATA[Lee Hee Jae]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.atelierdescahiers.com/chroniques-et-portraits/lee-hee-jae-au-carrefour-prendre-a-gauche</guid><description><![CDATA[En ce d&eacute;but d&rsquo;apr&egrave;s-midi du jeudi 12 d&eacute;cembre, les premiers flocons tombent sur S&eacute;oul. Alors que les heures passent, la couche de neige s&rsquo;&eacute;paissit, faisant le bonheur des enfants. Ceux-ci quittent l&rsquo;&eacute;cole pour se rendre &agrave; la maison ou bien, dans la grande majorit&eacute; des cas, s&rsquo;en vont rejoindre les instituts d&rsquo;anglais ou de math&eacute;matiques, s&rsquo;essayant en chemin aux premi&egrave;res glissades et aux bat [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<div class="paragraph" style="text-align:justify;">En ce d&eacute;but d&rsquo;apr&egrave;s-midi du jeudi 12 d&eacute;cembre, les premiers flocons tombent sur S&eacute;oul. Alors que les heures passent, la couche de neige s&rsquo;&eacute;paissit, faisant le bonheur des enfants. Ceux-ci quittent l&rsquo;&eacute;cole pour se rendre &agrave; la maison ou bien, dans la grande majorit&eacute; des cas, s&rsquo;en vont rejoindre les instituts d&rsquo;anglais ou de math&eacute;matiques, s&rsquo;essayant en chemin aux premi&egrave;res glissades et aux batailles de boules de neige. Ce sont les seuls, innocents qu&rsquo;ils sont encore, &agrave; appr&eacute;cier &agrave; sa juste valeur cette blancheur qui drape la ville. Les voitures roulent aux pas, et sur la colline du haut de laquelle je dois prendre le bus, un usager m&rsquo;informe que le trafic est interrompu. Je vais sans doute &ecirc;tre en retard pour le rendez-vous qui est pris avec Lee Hee Jae. Je peste. Le fait qu&rsquo;il accepte cette rencontre tient d&eacute;j&agrave; presque du miracle, son emploi du temps &eacute;tant particuli&egrave;rement serr&eacute;. Il doit jongler entre ses activit&eacute;s de dessinateur et sa fonction de pr&eacute;sident du Komacon*. Je suis bon pour 40 minutes de marche jusqu&rsquo;&agrave; la station de m&eacute;tro situ&eacute;e au bas de la colline.&nbsp; &Agrave; S&eacute;oul comme en France, tout s&rsquo;arr&ecirc;te d&egrave;s les premiers flocons comme si cela &eacute;tait une surprise qu&rsquo;il neige en hiver.<br /><span></span><br /><span></span>  Apr&egrave;s plus d&rsquo;une heure de trajet j&rsquo;arrive enfin &agrave; la station Suraksan, lieu du rendez-vous. C&rsquo;est ici, en bout de ligne, dans le nord-est de S&eacute;oul que Lee Hee Jae&nbsp;a son atelier. Nous arrivons au m&ecirc;me moment. Il semble fatigu&eacute;, il nous fait monter dans un immeuble moderne abritant des studios spacieux comprenant une mezzanine. Le bureau et les rayonnages de la biblioth&egrave;que occupent toute la pi&egrave;ce du bas. Il s&rsquo;assied et commence par boire le <em>yuja cha</em>** que nous lui avons apport&eacute;. Lunettes vis&eacute;es sur le nez, cheveux grisonnants, &eacute;ternelle raie sur le c&ocirc;t&eacute; qui lui donne un air de &laquo;&nbsp;premier de la classe&nbsp;&raquo; &agrave; bient&ocirc;t 63 ans. Sa voix assez ferme et grave jure quelque peu avec son physique. Il est de petite taille, assez menu, il a &eacute;t&eacute; pr&eacute;serv&eacute; de l&rsquo;embonpoint si propre aux hommes de son &acirc;ge. Notre impression se confirme, il est quelque peu souffrant et fatigu&eacute;. Il revient tout juste d&rsquo;un voyage en Alg&eacute;rie (au&nbsp; Festival international de bande dessin&eacute;e d&rsquo;Alger) avec une d&eacute;l&eacute;gation cor&eacute;enne, on peut d&rsquo;ailleurs apercevoir derri&egrave;re lui un petit bibelot, une lampe &agrave; huile en laiton, ainsi qu&rsquo;une paire de babouches, rapport&eacute;s sans doute de son voyage.<br /><span></span><br /><span></span></div>  <div><div style="height:20px;overflow:hidden"></div> <div id='917104642912300808-slideshow'></div>   <div style="height:20px;overflow:hidden"></div></div>  <div class="paragraph" style="text-align:justify;"><span style="text-align: justify;">Son travail de pr&eacute;sident du Komacon lui prend beaucoup de son temps. Alors qu&rsquo;il souhaite se concentrer sur un projet plus personnel - il vient d&rsquo;achever une s&eacute;rie intitul&eacute;e &laquo;&nbsp;5000 ans d&rsquo;histoire cor&eacute;enne&nbsp;&raquo; (22 volumes) - on lui propose de travailler sur l&rsquo;adaptation en bande dessin&eacute;e d&rsquo;une &oelig;uvre litt&eacute;raire monumentale. Il accepte, car il peut y retrouver ses th&egrave;mes de pr&eacute;dilection&nbsp;: la politique sur fond social. &laquo;&nbsp;Arirang&nbsp;&raquo; de Jo Jong-nae est une &oelig;uvre romanc&eacute;e qui comprend 12 tomes***. Cette saga met en sc&egrave;ne l&rsquo;histoire du peuple cor&eacute;en de 1900 &agrave; nos jours. Il pr&eacute;voit de travailler durant trois ans sur ce projet et pense que la version dessin&eacute;e comprendra quinze tomes. Depuis la naissance de cette vaste entreprise, des liens de plus en plus forts se tissent entre les deux auteurs. Notamment parce qu&rsquo;ils partagent une origine commune, ils sont tous les deux n&eacute;s dans le Jeolla-do****. Ils communiquent souvent par t&eacute;l&eacute;phone. Dans ces romans, le dialecte employ&eacute; dans le sud tient une place importante et Lee Hee Jae s&rsquo;interroge sur la mani&egrave;re dont il doit mener cette adaptation en BD sans que les romans perdent en saveur. Il consid&egrave;re que l&rsquo;&eacute;criture, la narration et les tableaux pr&eacute;sents dans ces ouvrages sont d&rsquo;une grande qualit&eacute;. Il a le souci de ne pas trahir l&rsquo;&oelig;uvre.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Pour s&rsquo;impr&eacute;gner de l&rsquo;histoire, il s&rsquo;enregistre lisant le texte. Une m&eacute;thode qu&rsquo;emploie &eacute;galement Lee Do-Hoo. Lors de l&rsquo;&eacute;laboration du&nbsp;</span><em style="text-align: justify;">Bandit g&eacute;n&eacute;reux</em><span style="text-align: justify;">&nbsp;(35 tomes), il fait lire &agrave; ses enfants le texte contre de l&rsquo;argent de poche, puis sur le chemin de l&rsquo;atelier, il &eacute;coute l&rsquo;enregistrement.&nbsp;</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">C&rsquo;est une mani&egrave;re pour Lee Hee Jae de s&rsquo;approprier l&rsquo;histoire, de la vivre de fa&ccedil;on plus intense. Un travail de cin&eacute;ma int&eacute;rieur. Le son lui &eacute;voque des images. Les dessins seront en partie r&eacute;alis&eacute;s sur du papier de riz traditionnel, un support qui convient &agrave; l&rsquo;atmosph&egrave;re qu&rsquo;il souhaite apporter aux dessins.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Lorsqu&rsquo;on l&rsquo;interroge sur l&rsquo;origine de son amour pour la bande dessin&eacute;e, plut&ocirc;t qu&rsquo;un long discours, il nous fait d&eacute;couvrir un r&eacute;cit qui retrace sa premi&egrave;re rencontre avec le 9&egrave;me art&nbsp;: une BD en tr&egrave;s grand format qui avait fait l&rsquo;objet d&rsquo;une exposition qu&rsquo;on lui a consacr&eacute; lors du festival de BD de Bucheon en 2009.&nbsp;</span><br /></div>  <div><div style="height: 20px; overflow: hidden;"></div> 				<div id='238979690505464107-gallery' class='imageGallery' style='line-height: 0px; padding: 0; margin: 0'> <div id='238979690505464107-imageContainer0' style='float:left;width:24.95%;margin:0;'><div id='238979690505464107-insideImageContainer0' style='position:relative;margin:5px;padding:0 8px 8px 0'><div class='galleryImageHolder' style='position:relative; width:100%; padding:0 0 75.08%;'><div class='galleryInnerImageHolder'><a href='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/3900390_orig.jpg' rel='lightbox[gallery238979690505464107]' onclick='if (!window.lightboxLoaded) return false'><img src='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/3900390.jpg' class='galleryImage galleryImageBorder' _width='400' _height='563' style='position:absolute;border-width:1px;padding:3px;width:53.34%;top:0%;left:23.33%' /></a></div></div></div></div><div id='238979690505464107-imageContainer1' style='float:left;width:24.95%;margin:0;'><div id='238979690505464107-insideImageContainer1' style='position:relative;margin:5px;padding:0 8px 8px 0'><div class='galleryImageHolder' style='position:relative; width:100%; padding:0 0 75.08%;'><div class='galleryInnerImageHolder'><a href='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/1331014_orig.jpg' rel='lightbox[gallery238979690505464107]' onclick='if (!window.lightboxLoaded) return false'><img src='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/1331014.jpg' class='galleryImage galleryImageBorder' _width='400' _height='574' style='position:absolute;border-width:1px;padding:3px;width:52.32%;top:0%;left:23.84%' /></a></div></div></div></div><div id='238979690505464107-imageContainer2' style='float:left;width:24.95%;margin:0;'><div id='238979690505464107-insideImageContainer2' style='position:relative;margin:5px;padding:0 8px 8px 0'><div class='galleryImageHolder' style='position:relative; width:100%; padding:0 0 75.08%;'><div class='galleryInnerImageHolder'><a href='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/957773_orig.jpg' rel='lightbox[gallery238979690505464107]' onclick='if (!window.lightboxLoaded) return false'><img src='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/957773.jpg' class='galleryImage galleryImageBorder' _width='400' _height='559' style='position:absolute;border-width:1px;padding:3px;width:53.72%;top:0%;left:23.14%' /></a></div></div></div></div><div id='238979690505464107-imageContainer3' style='float:left;width:24.95%;margin:0;'><div id='238979690505464107-insideImageContainer3' style='position:relative;margin:5px;padding:0 8px 8px 0'><div class='galleryImageHolder' style='position:relative; width:100%; padding:0 0 75.08%;'><div class='galleryInnerImageHolder'><a href='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/9356192_orig.jpg' rel='lightbox[gallery238979690505464107]' onclick='if (!window.lightboxLoaded) return false'><img src='https://www.atelierdescahiers.com/uploads/1/4/1/3/1413354/9356192.jpg' class='galleryImage galleryImageBorder' _width='400' _height='566' style='position:absolute;border-width:1px;padding:3px;width:53.06%;top:0%;left:23.47%' /></a></div></div></div></div><span style='display: block; clear: both; height: 0px; overflow: hidden;'></span> </div>  				<div style="height: 20px; overflow: hidden;"></div></div>  <div class="paragraph" style="text-align:justify;"><span style="text-align: justify;">Monsieur Lee na&icirc;t en 1952 sur une &icirc;le situ&eacute;e &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me sud de la Cor&eacute;e. Ses parents ont trois gar&ccedil;ons et deux filles. Il est l&rsquo;a&icirc;n&eacute;. Durant son enfance, il aide ses parents en gardant les vaches, ceux-ci font s&eacute;cher les algues dont la consommation est courante. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;&agrave; 9 ans qu&rsquo;il met pour la premi&egrave;re fois le pied sur le continent. Il y ach&egrave;te sa premi&egrave;re BD, une adaptation de l&rsquo;</span><em style="text-align: justify;">Illiade</em><span style="text-align: justify;">&nbsp;et de l&rsquo;</span><em style="text-align: justify;">Odyss&eacute;e</em><span style="text-align: justify;">&nbsp;qu&rsquo;il lit le plus lentement possible afin de faire durer le plaisir sur le bateau qui le reconduit chez lui. &Agrave; partir de ce moment-l&agrave;, sa vie d&rsquo;enfant est peupl&eacute;e de super-h&eacute;ros qu&rsquo;il s&rsquo;imagine c&ocirc;toyer et fait &eacute;voluer au gr&eacute; de son imagination, de ses r&ecirc;veries.&nbsp; Il va au coll&egrave;ge &agrave; Gwangju, il loge alors chez son oncle qui habite &agrave; vingt minutes de l&rsquo;&eacute;cole. Il s&rsquo;y rend &agrave; pied tous les jours. C&rsquo;est un gar&ccedil;on tr&egrave;s s&eacute;rieux et travailleur, pas turbulent pour un sou. Son cousin profite d&rsquo;une permission pour rejoindre le domicile familial et fait d&eacute;couvrir &agrave; Lee Hee Jae un&nbsp;</span><em style="text-align: justify;">manhwabang</em><span style="text-align: justify;">&nbsp;du quartier. Lui qui prend d&rsquo;habitude &agrave; droite au carrefour pour se rendre au coll&egrave;ge empruntera d&eacute;sormais quotidiennement le chemin de gauche pour passer l&rsquo;essentiel de son temps libre dans le&nbsp;</span><em style="text-align: justify;">manhwabang</em><span style="text-align: justify;">&nbsp;&agrave; consulter sur place des BD. Durant l&rsquo;&eacute;cole primaire, alors qu&rsquo;il vit sur son &icirc;le natale, il ne lit qu&rsquo;une vingtaine de BD en six ans. Il rattrape le&nbsp; temps perdu et &laquo;&nbsp;d&eacute;vore&nbsp;&raquo;, notamment des mensuels regroupant des &eacute;pisodes de ses h&eacute;ros pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s. Alors qu&rsquo;il est coll&eacute;gien, &agrave; tout juste 14 ans, il participe &agrave; un concours consistant &agrave; dessiner un h&eacute;ros mis en sc&egrave;ne. Son dessin est s&eacute;lectionn&eacute;, il est publi&eacute; dans le magazine. Il devient la vedette du coll&egrave;ge. Apr&egrave;s les ann&eacute;es de lyc&eacute;e, il &laquo;&nbsp;vivote&nbsp;&raquo; en travaillant &ccedil;a et l&agrave; et exer&ccedil;ant diff&eacute;rents postes sans rapport avec le dessin.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">&Agrave; 20 ans, il monte &agrave; S&eacute;oul avec ses parents et devient assistant d&rsquo;un dessinateur tr&egrave;s en vogue durant les ann&eacute;es 1960, Kim Jon-rae. Il pr&eacute;pare l&rsquo;encre qui servira au dessinateur, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque il n&rsquo;existe pas de flacons d&rsquo;encre de Chine. Il faut frotter un b&acirc;ton de suie sur une pierre sur laquelle on verse de l&rsquo;eau. Un travail p&eacute;nible et r&eacute;p&eacute;titif. Il gomme les traces de crayonnage, nettoie l&rsquo;atelier. Puis plus tard il est autoris&eacute; &agrave; r&eacute;aliser l&rsquo;encrage des arri&egrave;re-plans, puis enfin celui des personnages. Et par la suite le crayonnage, et l&rsquo;aide au sc&eacute;nario. Apr&egrave;s un an, il quitte l&rsquo;atelier. Il prend conscience que pour faire de la BD, il ne suffit pas de savoir dessiner, mais il faut &eacute;galement avoir v&eacute;cu des exp&eacute;riences.&nbsp;</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Sa vie devient difficile&nbsp;; il travaille sur des commandes dans le domaine de l&rsquo;animation, de l&rsquo;illustration. Puis int&egrave;gre un temps une maison d&rsquo;&eacute;dition dans laquelle il occupe le poste de d&eacute;veloppeur et designer. Il y r&eacute;alise le crayonnage pour certain grands auteur comme Lee Hyeon-se sur le titre &laquo;&nbsp;L&rsquo;Arche&nbsp;&raquo;, premier ouvrage cor&eacute;en export&eacute; au Japon. &Agrave; 22 ans, ses premi&egrave;res planches sont pr&eacute;-&eacute;dit&eacute;es dans des magazines mensuels populaires tels que &laquo;&nbsp;Bubu&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Arirang&nbsp;&raquo;. Ce sont alors des publications qui ne sont pas sp&eacute;cifiquement d&eacute;di&eacute;es &agrave; la BD.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Son premier livre &laquo;&nbsp;Grain de sable&nbsp;&raquo; sort en 1976, apr&egrave;s bien des p&eacute;rip&eacute;ties. &Agrave; l&rsquo;&eacute;poque, les &eacute;ditions ne publient pas les &oelig;uvres des &laquo;&nbsp;assistants dessinateurs&nbsp;&raquo; sans l&rsquo;aval des auteurs qui les prennent sous leur coupe. &Eacute;diter un assistant signifie que celui-ci b&eacute;n&eacute;ficiera par la suite d&rsquo;un statut d&rsquo;auteur et prendra son envol, donc &agrave; charge pour l&rsquo;auteur d&eacute;j&agrave; &eacute;tabli qui l&rsquo;emploie de trouver d&rsquo;autres &laquo;&nbsp;petites mains&nbsp;&raquo;. Apr&egrave;s ce premier &laquo;&nbsp;obstacle&nbsp;&raquo; franchi, l&rsquo;&eacute;diteur &agrave; qui il pr&eacute;sente le projet lui propose un nom d&rsquo;auteur. Un nom dont la sonorit&eacute; est tr&egrave;s proche d&rsquo;un dessinateur d&eacute;j&agrave; en vogue, le but &eacute;tant de pousser les lecteurs &agrave; acqu&eacute;rir l&rsquo;ouvrage en jouant sur la confusion possible entre ces deux noms. Il refuse cat&eacute;goriquement.&nbsp;</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Sur ces ouvrages publi&eacute;s dans les ann&eacute;es 1970, il ne souhaite pas s&rsquo;&eacute;tendre. Il ne les consid&egrave;re pas comme repr&eacute;sentatifs de la direction qu&rsquo;il prend depuis les ann&eacute;es 1980. Selon lui le&nbsp;</span><em style="text-align: justify;">manhwa</em><span style="text-align: justify;">&nbsp;ne doit pas s&rsquo;&eacute;loigner des pr&eacute;occupations quotidiennes. Une r&eacute;flexion qui vient apr&egrave;s un constat&nbsp;: durant les ann&eacute;es de dictature, la production de BD met presque exclusivement en sc&egrave;ne des h&eacute;ros &eacute;voluant dans des mondes &laquo;&nbsp;imaginaires&nbsp;&raquo;. Il n&rsquo;adh&egrave;re pas &agrave; cette forme de narration et le prouve en sortant un titre qui lui permet de se b&acirc;tir une solide r&eacute;putation d&rsquo;auteur de BD r&eacute;aliste. En 1989 sort&nbsp;</span><em style="text-align: justify;">Vedette,</em><span style="text-align: justify;">&nbsp;un recueil de sept nouvelles &eacute;crites entre 1986 et 1987. Cet ouvrage est disponible en France dans la collection Hanguk propos&eacute;e par Casterman. Ces nouvelles mettent en sc&egrave;ne des gens du peuple et retracent les pr&eacute;occupations politiques et sociales de l&rsquo;&eacute;poque. La sortie du livre correspond &agrave; une p&eacute;riode de changement de r&eacute;gime politique. Le g&eacute;n&eacute;ral Chun Doo-hwan, chef du r&eacute;gime en place et responsable d&rsquo;un climat de r&eacute;pression, est alors contraint par le peuple d&rsquo;organiser des &eacute;lections. C&rsquo;est une p&eacute;riode qui correspond &agrave; la poursuite du &laquo;&nbsp;miracle &eacute;conomique&nbsp;&raquo; que va conna&icirc;tre la Cor&eacute;e. Certaines nouvelles restent encore criantes de v&eacute;rit&eacute;s et n&rsquo;ont malheureusement pas pris une ride. Citons celle, par exemple, mettant en sc&egrave;ne un homme se levant &agrave; l&rsquo;aube et tirant derri&egrave;re lui &agrave; la seule force de ses bras une charrette qu&rsquo;il remplit au fur et &agrave; mesure que les heures passent de divers d&eacute;tritus dont il pourra tirer un faible b&eacute;n&eacute;fice destin&eacute; &agrave; faire survivre sa famille. Et oui&nbsp;! Le convoi exceptionnel du miracle &eacute;conomique cor&eacute;en en a laiss&eacute; certains sur le bord de la route...&nbsp;</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Les personnages qu&rsquo;il dessine sont massifs, comme taill&eacute;s au couteau, d&rsquo;aspect rustique, mais d&rsquo;une grande sensibilit&eacute;. C&rsquo;est un trait qui peut para&icirc;tre maladroit, mais qui est d&rsquo;une grande ma&icirc;trise. Lee Hee Jae est un raconteur d&rsquo;histoire qui sait nous &eacute;mouvoir.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Un autre livre important confirmant s&rsquo;il le faut ses talents&nbsp;: le &laquo;&nbsp;Chagrin dans le ciel&nbsp;&raquo; qui para&icirc;t en 1990 chez Seoul cultural. Ce livre est l&rsquo;adaptation du journal intime de Lee Yun-bok un gar&ccedil;on de 11 ans &eacute;voluant dans la Cor&eacute;e de l&rsquo;apr&egrave;s-guerre. Le h&eacute;ros, a&icirc;n&eacute; de la famille, tente de concilier ses &eacute;tudes et la survie de sa famille en vendant des gommes &agrave; m&acirc;cher dans les rues de la ville. Son histoire qu&rsquo;il consigne jour apr&egrave;s jour le rendra c&eacute;l&egrave;bre. Lee Hee Jae s&rsquo;essaye ici &agrave; la couleur dans ce r&eacute;cit traitant de l&rsquo;abandon (celui d&rsquo;une m&egrave;re qui quitte ses enfants), de la condition sociale, de la r&eacute;pression polici&egrave;re qui menace l&rsquo;enfant, le tout teint&eacute; de l&rsquo;humanit&eacute; qu&rsquo;apportent des adultes qui sauront tendre la main &agrave; cet enfant trop t&ocirc;t confront&eacute; &agrave; des probl&eacute;matiques d&rsquo;homme.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Pour ceux qui sont int&eacute;ress&eacute;s par cet auteur, FLBLB (un &eacute;diteur alternatif fran&ccedil;ais) pr&eacute;pare un livre regroupant un ensemble de nouvelles dans la m&ecirc;me veine que &laquo;&nbsp;Vedette&nbsp;&raquo;.</span><br /></div>  <div><div style="height:20px;overflow:hidden"></div> <div id='601612785721797893-slideshow'></div>   <div style="height:20px;overflow:hidden"></div></div>  <div class="paragraph" style="text-align:justify;"><u style="text-align: justify;">Notes :</u><span style="text-align: justify;">&nbsp;</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">* le KOMACON (Korean Manhwa Contents Agency) est un organisme d&rsquo;&eacute;tat qui s&rsquo;occupe de promouvoir la bande dessin&eacute;e cor&eacute;enne en Cor&eacute;e du Sud et &agrave; travers le monde. Ils disposent &eacute;galement d&rsquo;un comit&eacute; d&rsquo;experts compos&eacute; d&rsquo;auteurs de&nbsp;</span><em style="text-align: justify;">manhwa</em><span style="text-align: justify;">.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">** le&nbsp;</span><em style="text-align: justify;">yuja cha</em><span style="text-align: justify;">&nbsp;est une infusion faite &agrave; base d&rsquo;agrumes confits (yuzu, ou&nbsp;</span><em style="text-align: justify;">yuja</em><span style="text-align: justify;">&nbsp;en cor&eacute;en) qui sont cultiv&eacute;es sur l&rsquo;&icirc;le de Jeju. C&rsquo;est un peu comme si vous m&eacute;langiez de la marmelade avec de l&rsquo;eau chaude. Le go&ucirc;t est exquis, on en consomme souvent durant l&rsquo;hiver.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">*** Aussi orthographi&eacute; Jo (ou Cho) Jong-nae. &laquo;&nbsp;Arirang&nbsp;&raquo; est publi&eacute; en plusieurs volumes chez L&rsquo;Harmattan.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">**** le Jeolla-do est une province du sud de la Cor&eacute;e du Sud.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Il est temps maintenant de quitter monsieur Lee sur notre d&eacute;sormais traditionnel questionnaire de Proust&nbsp;:</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Si j&rsquo;&eacute;tais un animal&nbsp;: une vache, car je suis comme elle. Je ne suis pas rus&eacute; et je suis franc, honn&ecirc;te.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Ce que j&rsquo;aime chez les autres&nbsp;: l&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute;.</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">D&eacute;faut&nbsp;: Je chante tr&egrave;s mal (rires).</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Mon activit&eacute; pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e&nbsp;: r&ecirc;vasser, observer...</span><br /><span style="text-align: justify;"></span><span style="text-align: justify;">Si je n&rsquo;avais pas &eacute;t&eacute; dessinateur&nbsp;: professeur d&rsquo;histoire ou de litt&eacute;rature cor&eacute;enne.</span></div>]]></content:encoded></item></channel></rss>